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Julien Réthoré lauréat d’une ERC Advanced Grant 2025 pour faire progresser la compréhension de la rupture des matériaux

Le Conseil européen de la recherche (ERC) a dévoilé les lauréats de son appel ERC Advanced Grant 2025. Parmi eux figure Julien Réthoré, directeur de recherche à l’Institut de Recherche en Génie Civil et Mécanique (GeM) à Centrale Nantes.

le 29 juin 2026

Une bourse européenne pour les projets les plus ambitieux

Attribuée par le Conseil européen de la recherche, l'ERC Advanced Grant soutient des scientifiques confirmés, reconnus au niveau international, afin de leur permettre de développer des projets de recherche à haut risque scientifique et à fort potentiel d'innovation.

En 2025, 319 chercheurs ont été sélectionnés parmi 3 329 candidatures, pour un financement total de 838 millions d'euros dans le cadre du programme Horizon Europe. Les projets retenus, d'une durée de cinq ans, peuvent bénéficier d'un financement allant jusqu'à 2,5 millions d'euros.

Comprendre pourquoi une fissure se propage

La propagation des fissures est le mécanisme principal de rupture des matériaux. Lorsqu'un matériau fragile, comme le verre ou certains polymères, se casse, une fissure peut se propager très rapidement jusqu'à provoquer sa rupture complète.

Si ce phénomène a déjà fait l’objet de recherches intenses, les modèles actuels ne permettent pas encore d'expliquer toutes les situations observées expérimentalement.

Avec le projet MASSTICK, Julien Réthoré souhaite faire évoluer cette compréhension en s'intéressant au rôle de l'inertie, un aspect encore largement sous-estimé dans les théories classiques de la rupture dynamique.

L'hypothèse au cœur du projet est que le mouvement de l'extrémité d'une fissure pourrait être gouverné par des phénomènes inertiels, aujourd'hui encore peu pris en compte dans les modèles de rupture dynamique.

Une approche mêlant expérimentation et modélisation

Pour tester cette hypothèse, le projet combinera des expérimentations inédites, une instrumentation multiphysique de pointe et de l'imagerie ultra-rapide. Ces outils permettront d'observer avec une très grande précision la propagation des fissures et de mesurer les phénomènes physiques qui l'accompagnent. L'équipe étudiera également ces phénomènes à des échelles très fines, au voisinage de la pointe de la fissure, afin de mieux comprendre les mécanismes à l'origine de leur propagation. Les observations seront ensuite confrontées à des modèles numériques pour vérifier cette hypothèse.

L'objectif est de proposer une nouvelle formulation de la rupture dynamique, de l'intégrer dans des outils de simulation numérique et de constituer une base de données d'imagerie ultra-rapide et de mesures de champs, qui sera mise à disposition de la communauté scientifique.

Illustration de la mise en oeuvre d’un essai d’impact sur une plaque en plexiglas pour étudier avec une caméra ultra-rapide (jusqu’à 4 millions d’images par seconde) haute résolution (8 Mpix) , la propagation dynamique (jusqu’à plusieurs milliers de km/h)
Illustration de la mise en œuvre d’un essai d’impact sur une plaque en plexiglas pour étudier avec une caméra ultra-rapide (jusqu’à 4 millions d’images par seconde) haute résolution (8 Mpix) , la propagation dynamique (jusqu’à plusieurs milliers de km/h). Les images sont utilisées pour mesurer des déplacements, les analyser et finalement construire des modèles pour simuler cette rupture dynamique.

Publié le 29 juin 2026 Mis à jour le 29 juin 2026