Retour sur la soirée TEDx du 6 février à Centrale Nantes

Entièrement imaginé et organisé par nos étudiantes et étudiants, cette nouvelle édition du TEDx Centrale Nantes a exploré le thème Beyond the Limits à travers des parcours inspirants et engagés. Une édition qui illustre pleinement l’ambition de l’école : former des ingénieures et ingénieurs capables de penser et d’agir pour le monde de demain.

le 12 février 2026

Qui n’a jamais entendu parler des TEDx, ces séries de conférences mettant en avant « des idées qui méritent d’être diffusées » ?
TED, pour « Technology, Entertainment and Design », est un programme d’événements mettant en avant des personnes remarquables dans leurs domaines, venues partager leurs connaissances, leurs réflexions ou encore leurs émotions lors d’un talk de 18 minutes maximum (il paraîtrait que c’est la durée idéale pour transmettre une idée sans perdre l’attention de son public).

À Centrale Nantes, ce sont nos étudiantes et étudiants qui imaginent et organisent les TEDx. Ils les façonnent selon leurs valeurs, leurs convictions et leurs idéaux. C’est une fierté de voir nos élèves partager la même vision que l’école en cherchant à sensibiliser sur le monde de demain. Cela confirme les engagements pris par Centrale Nantes, notamment celui de former 100% de ses étudiants et personnels aux enjeux de la transition socio-écologique. 

Le thème de cette année « Beyond the Limits », nous invitait à ouvrir nos horizons et à se dire que tout est possible pour rendre meilleur notre quotidien, nos métiers et notre société. 6 personnalités aux parcours et engagements singuliers se sont succédées sur la scène du TEDx pour tenter de répondre à cette thématique :
 
  • Bruno Perrier, pompier en mission dans les Terres Australes et Antarctiques Françaises (TAAF)
  • Calixte Parendel, élève ingénieur à Centrale Nantes
  • Florian Varnier, salarié de l’association Raoul-Follereau
  • Françoise Pera-Berthier, coach professionnelle
  • Luca Tinebra, élève ingénieur à Centrale Nantes
  • Romain Olla, activiste pour la justice sociale et climatique
Parmi les speakers, Romain Olla a proposé un regard engagé sur notre capacité à dépasser les limites que nous nous imposons. Alumni de Centrale Nantes et désormais activiste pour la justice sociale et climatique, il revient sur son parcours et le message de son talk :

Pouvez-vous vous présenter ?  Votre parcours de Centrale Nantes à aujourd’hui et votre engagement.
Diplômé de Centrale Nantes en 2021, j’étais déjà fortement engagé pour la justice sociale et climatique, dans et en dehors de l’école. À la sortie de Centrale Nantes, et c’est ce que je raconte dans mon TEDx, j’ai eu la chance de pouvoir choisir directement ma voie : celle de l’engagement. Cela fait aujourd’hui cinq ans que j'ai fait de l'activisme mon métier. 
Je me suis d’abord engagé dans la campagne présidentielle de 2022 au sein de la Primaire Populaire, une initiative visant à porter un programme de rupture écologique, sociale et démocratique par une candidature unique à gauche. J’ai ensuite coordonné pendant un an et demi une campagne contre un mégaprojet pétrolier en Afrique de l’Est, que je considère désastreux pour les populations locales, la biodiversité et notre avenir commun.
Par la suite, j’ai rejoint l’équipe de campagne de Marie Toussaint pour les élections européennes de 2024 en tant que directeur de la mobilisation. Aujourd’hui, je coordonne le mouvement Victoires Populaires, qui mène des campagnes électorales pour faire accéder la justice sociale, l’écologie et le renouveau démocratique au pouvoir, à tous les échelons politiques en France.
Depuis ma sortie de l’école, un engagement me guide, dans ma vie professionnelle comme personnelle : contribuer à transformer la société pour améliorer le bonheur de tous.


Qu’est-ce qui vous a conduit à vous engager pour la justice sociale et climatique ? 
Y a-t-il eu un moment ou une expérience marquante dans votre parcours ? 

Plusieurs choses expliquent cet engagement. Il y a d’abord l’éducation : ma famille m’a transmis ces valeurs et ces combats. Mon parcours personnel y a aussi beaucoup contribué : j’ai grandi dans un village à côté de Saint-Étienne. Mon père vient d’une famille modeste, avec un grand-père mineur dans le Nord, et ma mère d’une famille de classe moyenne supérieure, issue de la petite bourgeoisie locale. Bon élève, j’ai ensuite intégré une grande école d’ingénieurs. Toute ma vie, j’ai été confronté d’un côté aux nombreux privilèges dont je bénéficie, et de l’autre à la réalité des inégalités et injustices criantes de notre société, parfois vécues directement.
Il n’y a pas eu de bascule brutale, mais un cheminement progressif. Je pense néanmoins que 2 choses ont beaucoup joué : ma prise de conscience des enjeux écologiques pendant mes études à Centrale Nantes et la découverte de mon homosexualité à 22 ans, qui est venue bousculer à la fois mon identité, bien sûr, mais aussi mon regard sur le monde, sur la société et sur les vécus de toutes celles et ceux qui subissent des discriminations.
 

En quoi votre formation à Centrale Nantes a-t-elle contribué à façonner vos valeurs et votre manière d’aborder les enjeux environnementaux et sociétaux ?
À Centrale Nantes, j’ai eu la chance de rencontrer des personnes exceptionnelles, à la fois des camarades étudiants avec lesquels je me suis engagé dans de nombreuses associations, mais aussi de nombreux enseignants et membres de l’administration pleinement investis pour faire évoluer la manière dont on forme les ingénieurs.

Concernant ma formation, Centrales Nantes dispensait de nombreux cours qui permettent de comprendre les enjeux environnementaux et sociaux et de nous former à les résoudre. En échangeant avec des étudiants d’autres écoles, j’ai aussi ressenti qu’il restait une marge de progression pour faire de ces sujets un véritable fil conducteur dans tous les parcours, et pas de simples cours supplémentaires. C’est ce qui m’a motivé à contribuer à l’évolution des maquettes pédagogiques, pour renforcer l’intégration des questions écologiques et sociales au cœur même de la formation.


Selon vous, quel rôle les ingénieurs ont-ils à jouer dans la transition écologique et sociale ?
Les ingénieurs peuvent jouer un rôle déterminant, à condition de développer leur intelligence sociale. Pendant trop longtemps, on leur a surtout demandé de répondre à la question du « comment » : comment résoudre un problème, comment innover, comment construire et optimiser toujours plus. Tant que nous resterons uniquement sur ce chemin, les ingénieurs feront partie du problème.
La vraie question à laquelle doivent répondre nos formations et les ingénieurs de demain est celle du « pourquoi » : au service de quoi voulons-nous mettre nos compétences ?
Une fois cette question posée, les ingénieurs ont un rôle clé à jouer, notamment dans la décarbonation de notre économie. Les transformations à venir sont profondes : agriculture, industrie, urbanisme, mais aussi système de santé. Pour toutes ces mutations, nous avons besoin d’ingénieurs capables de travailler en interdisciplinarité et d’être à l’écoute des besoins des individus. Nous avons besoin d’ingénieurs citoyens ou, comme je le dis dans mon TEDx, d’ingénieurs du bonheur.


Quel conseil donneriez-vous aux étudiantes et étudiants de Centrale Nantes qui souhaitent s’engager, mais hésitent encore sur la forme que cela peut prendre ?
J’aimerais d’abord rappeler que nous sommes toutes et tous engagés, d’une manière ou d’une autre. Aucune de nos actions n’est neutre, que ce soit dans nos choix individuels, professionnels ou politiques. La vraie question que doivent se poser les étudiantes et étudiants est plutôt : quel chemin souhaitent-ils emprunter ?
Soit une voie toute tracée, avec un confort matériel rendu possible par le diplôme de Centrale Nantes, mais qui alimentera très certainement la machine de notre système actuel (qui, à mon sens, épuise la planète et creuse les inégalités) et qui ne les rendra peut-être pas si heureux. 
Soit la voie de l’engagement pour une société plus juste, plus écologique et moins inégalitaire. Ayant moi-même fait ce choix, mon conseil est simple : Il n’existe pas une seule forme d’engagement mais une multitude. La meilleure façon de trouver la sienne est d’essayer, de tester, parfois d’échouer, mais toujours d’apprendre. 
Dans vos choix professionnels comme personnels, ne vous enfermez pas trop vite, et gardez toujours cette boussole : faire du bonheur commun la finalité de vos décisions.



 
Publié le 12 février 2026 Mis à jour le 12 février 2026