Entretien avec Callista Bouflet, Ingénieure projet en mécanique et transition énergétique chez Sogestran

Stagiaire 2026

Publié le 3 avril 2026 Mis à jour le 3 avril 2026
"Ce qui fait la force de cette formation, c'est la globalité du regard qu'elle construit."

Quelles problématiques vous ont amenée à suivre la formation ?

En tant qu'ingénieure projet au sein du bureau d'études de Sogestran, je réalise des analyses technico-économiques pour la décarbonation de la flotte. La propulsion vélique est désormais une brique de décarbonation étudiée pour nos projets de constructions neuves. Pour les intégrer, nous travaillons en étroite collaboration avec des bureaux d'études spécialisés externes — en architecture navale, en prédiction de performance et en routage. Cette transversalité rend indispensable une chose : être en mesure de porter un regard critique sur les études que nous recevons, d'en comprendre les hypothèses et d'évaluer leur pertinence au regard de notre contexte spécifique. C'est précisément cette capacité que je suis venue chercher dans cette formation.

Quels sujets vous attiraient le plus avant d'y participer ?

Mon profil étant résolument technique, je souhaitais approfondir ma compréhension du marché maritime afin d’enrichir la partie économique de mes études. En effet, combiné à une meilleure compréhension des contrats envisageables, c’est un aspect qui apporte de la plus-value et du recul à mes présentations, et qui permet d’identifier les arguments pertinents pour mener une stratégie globale et non centrée sur un seul projet. La première semaine sur la vision de l'armateur a répondu exactement à ce besoin. Au-delà de cet aspect, je souhaitais approfondir les méthodes de dimensionnement de la chaîne propulsive — les voiles induisent des points de fonctionnement multiples qui complexifient tout le système — ainsi que les algorithmes de routage, dont je voulais comparer les logiques et les limites. La stratégie de contrôle des voiles et les exigences réglementaires, notamment la simulation de HAZID avec la société de classe, complétaient ma liste de priorités.

Quelle a été la valeur ajoutée de cette formation ?

Ce qui fait la force de cette formation, c'est la globalité du regard qu'elle construit. Elle ne se contente pas d'aborder la propulsion vélique par un seul angle : elle plonge dans les fondements de l'architecture navale, des matériaux composites au routage météo, de la chaîne propulsive aux interfaces homme-machine. La diversité des intervenants — majoritairement issus de l'industrie, donc pragmatiques, complétés par des chercheurs de Centrale Nantes qui apportent profondeur et recul — crée un équilibre rare entre applicabilité immédiate et compréhension des enjeux émergents.

Les expérimentations ont été déterminantes : soufflerie, modélisation, workshop d'analyse de risque… Elles ancrent les principes théoriques dans le concret et permettent de les vérifier de ses propres mains. Sur certains sujets — maniabilité, dérive, contrôle des voiles — je ne savais même pas comment formuler mes questions avant d'arriver. Je repars avec des outils pour les poser, et pour y répondre. L'application sera immédiate : relire nos études existantes avec un œil nouveau, challenger nos partenaires, et contribuer plus solidement aux décisions du groupe.
Publié le 3 avril 2026 Mis à jour le 3 avril 2026