Et si les mouvements du vivant devenaient une source d'énergie ?

Face aux enjeux croissants de transition énergétique et de préservation des milieux naturels, Centrale Nantes décide de diversifier ses activités à la croisée des sciences de l’ingénieur et de l’environnement. L’école annonce aujourd’hui le lancement d’un programme de recherche interdisciplinaire inédit dédié à l’exploration de nouvelles formes de production énergétique inspirées des milieux naturels.

le 1 avril 2026

Observer les dynamiques invisibles pour produire autrement

Certains comportements collectifs observés dans le vivant sont encore peu explorés pour la production d’énergie. Les espèces aquatiques par exemple, présentent des dynamiques complexes issues de mouvements collectifs qui pourraient constituer des sources d’énergie renouvelable à fort potentiel. Leur capacité à évoluer en groupe, à s’adapter à différents environnements et à générer des mouvements fluides optimisés ouvre des perspectives inédites. Parmi elles, un poisson bien connu des milieux d’eau douce attire particulièrement l’attention des chercheurs : la truite arc-en-ciel.

Une approche interdisciplinaire structurée

Ce programme innovant, intitulé TRUITENERGIE, s’appuie sur trois laboratoires majeurs de l’école, chacun contribuant à mieux comprendre et à exploiter ces mécanismes :

Le LHEEA (Laboratoire de recherche en hydrodynamique, énergétique et environnement atmosphérique) pilote les travaux liés à l’observation et à la modélisation des déplacements de truites en environnement contrôlé. Grâce à son bassin de génie océanique, les équipes étudient les interactions entre individus et les effets de sillage générés par leurs déplacements, afin d’identifier des configurations propices à la production d’énergie.

Le LS2N (Laboratoire des sciences du numérique de Nantes) développe un dispositif biomimétique de robot-truite capable d’interagir avec les bancs de poissons. L’objectif est d’influencer et de synchroniser leurs déplacements grâce à des algorithmes de coordination collective, selon une véritable “chorégraphie énergétique”, afin d’augmenter le rendement global du système.

Le GeM (Institut de recherche en génie civil et mécanique) conçoit quant à lui des matériaux innovants permettant d’intégrer ces dispositifs dans des milieux naturels. Ces aménagements nouvelle génération visent à guider les déplacements collectifs de truites tout en respectant les équilibres écologiques, ouvrant la voie à une production d’énergie directement in situ.

Vers une énergie truitomotrice

En s’appuyant sur les déplacements coordonnés de ces poissons, Centrale Nantes explore une nouvelle forme d’énergie renouvelable, dite « truitomotrice ». L’enjeu : convertir les mouvements collectifs des bancs de truites en un potentiel de production énergétique durable, en combinant hydrodynamique, robotique et matériaux innovants.

Une logique de valorisation complète et responsable

Fidèle à ses engagements en matière de transition écologique et sociétale, l’école inscrit ce projet dans une démarche circulaire. À l’issue des cycles d’expérimentation, les truites rejoindront une filière locale de valorisation alimentaire, en partenariat avec des acteurs du territoire. Les étudiants pourront ainsi retrouver dans les restaurants universitaires, des produits issus de cette recherche.

Une logistique innovante au service de la fraîcheur

Pour garantir la fraicheur des produits et limiter l’empreinte carbone du transport, l’école s’appuie sur PARMATAC, sa plateforme dédiée aux mobilités autonomes. Des livraisons par drones sont actuellement à l’étude afin d’assurer un acheminement rapide et maîtrisé vers les points de distribution.

Un projet emblématique des ingénieries de demain

Avec TRUITENERGIE, Centrale Nantes confirme sa capacité à explorer des champs de recherche émergents, à la croisée des disciplines et des enjeux contemporains. Ce programme illustre pleinement l’évolution des métiers de l’ingénieur : concevoir des solutions innovantes, durables, et ancrées dans les réalités environnementales et sociétales.

Publié le 31 mars 2026 Mis à jour le 1 avril 2026